Shindo Jinen-Ryu Karate

Peu connu en France, le Shindo Jinen-Ryu est pourtant un style classique, reconnu la fois par la Butokukaï et la WKF. Au sein de la Japan Karate-do Ryobu-Kaï il s'est notamment développé sous une forme sportive, bien loin de l'art martial authentique - au sens anthropologique du terme -, alors qu'il contient nombre de références puisant à plusieurs sources anciennes. Son fondateur, Yasuhiro Konishi, médecin de formation, a eu le souci de prêter une attention particulière aux... aspects physiologiques (respect de l'anatomie et des possibilités physiques de chacun) et psychiques ("shin" signifiant "esprit", Y. Konishi insista sur le travail à la fois de maturation psychologique et symbolique). Formé à plusieurs écoles de Ju-jutsu anciennes, à l'art du sabre, il intégra le karate-jutsu des années 30 lorsqu'il devint ami avec G. Funakoshi entre autres. Par ailleurs proche de M. Ueshiba il fit donc évoluer l'école Shindo Jinen, loin des développements athlético-sportifs, en établissant une forme de synthèse (approche philosophique) entre des arts et influences divers, faisant de son école de Karate-do une voie martiale propre à servir l'épanouissement de l'humain. Si on se réfère aux critères uniquement sportifs, certes tout à fait bénéfiques sur le plan d'une première étape de croissance, le Karaté peut suffire à satisfaire la réalisation de soi. Au-delà, puisant dans ce qui caractérise les aspects symboliques de l'art martial et de sa transmission, c'est par la lecture du Kata (interprétation de la forme) que l'initié parvient à vaincre son ego, s'appuyant aussi sur la transmission à l'autre.
L'école a intégré des Kata des courants Shuri, Naha et Tomari-te ; en plus simple, on pratique des formes usitées aussi bien en Shotokan-Ryu et en Shito-Ryu. Pourtant, à bien regarder, au-delà d'une esthétique proche, des subtilités sont présentes qui font se distinguer les styles.
On citera un Kata spéficique de l'école Shino Jinen : Seiryu. Kara court, simple d'aspect dont la lecture en niveaux (compétence) d'interprétation permet une étude poussée. Le bunkaï (bunkaïru : décortiquer, déconstruire) évolue vers Oyo et Henka, étape aux variantes infinies retournant pourtant toujours à la forme d'origine.

Pour ce qu'il en est des "styles" ou "écoles" (traditionnels) de Karaté, selon des historiens, en associant les iles hawaïennes, on peut dénombrer entre 700 à 800 styles, allant de quelques dizaines à plusieurs millions de pratiquants.

La Japan Karate-Do Ryobu-Kaï est, d'une certaine manière, la vitrine "normée" du Shindo Jinen-Ryu. Elle a, comme les autres styles majeurs, ses propres championnats et plusieurs variantes d'arbitrage notamment sur les Kata libres. Pour peu que l'on se fasse chercheur, dans une sorte de démarche anthropologique, s'ouvre alors plusieurs portes sur d'autres champs, connexes mais cachés, ou voilés. Le dévoilement advient lorsque l'initié chercheur poursuit sa quête au-delà des apparences, à la manière d'un Champollion décodant le hiéroglyphe.

Séminaire International organisé à Paris en juin 2001 à l'occasion de la venue exceptionnelle de Soke Konishi, 10ème Dan.

Frédéric Masseix avec les Maitres Konishi et Yamazaki.

Sensei K. Yamazaki, actuellement 8ème Dan est devenu le Soke de la Japan Karate-Do Ryobu-Kaï suite au décès de Soke Konishi.

Seinsei Yamazaki, 8ème Dan

Yasuhiro Konishi, fondateur de l'école Shindo Jinen, dans un document vidéo exceptionnel démontrant l'entraînement au Japon dans le milieu du 20ème siècle. 

Interview de Kaïcho Kiyoshi Yamazaki, 9ème Dan, lors d'un séminaire international

Seiryu, par Howard High, 7ème Dan (USA)

Nipaïpo, par Mina Yamazaki (USA)