MUSHIN-RyU GOSHIN-JUTSU KARATE-DO

L'école Mushin-Ryu (Goshin-Jutsu Karate-Do) procède de l'expérience intégrative de styles fondamentaux, dits classiques, de Karaté-Do (Shindo Jinen-Ryu, Shito-Ryu et Goju-Ryu) ainsi que des apports complémentaires du Ju-Jutsu, selon une approche traditionnelle.

Mu : expression de la vacuité, de la tranquillité ; état mental de quiétude, relâché ; proche de la notion de "non-pensée" (ce qui ne signifie pas le vide psychique).

 

Shin : se rapporte à "l'esprit", au mental, aussi à la subjectivité dans sa relation à la réalité (conscient/inconscient).

 

MUSHIN-RYU : école (ryu) promouvant un travail sur la posture du calme psychique/mental. 

 

C'est l'une des voies de l'apaisement du MOI et de la réalisation de SOI par la pratique martiale (BUDO). En ce sens l'école Mushin-Ryu s'inscrit dans une voie (la voie/le chemin : "Do") alliant l'Extrême-Orient (Japon) aux influences culturelles et philosophiques de l'Occident. 

Ce qu'il intègre

  • L'approche philosophique et pratique impulsée par Soke Yasuhiro Konishi, lors de la création de son style - le Shindo Jinen-Ryu Karate-Do - lui même étant un subtil assemblage des techniques issues du Shotokan d'origine (enseigné par Gichin Funakoshi lui-même), du Ju-Jutsu (19ème siècle) et du Kobudo d'Okinawa.
  • Les références techniques aux sources des styles venus de Naha et de Shuri.
  • L'ensemble des principes provenant des Lois physiques fondamentales du cercle et de la spirale, associés aux techniques de sabre courbe japonais (Aïki-Jutsu)

une approche intégrative

Le développement de cette école "moderne" est issu d'un processus de recherche, à la fois technique et pratique, mais aussi philosophique car participant d'une orientation pédagogique et d'une approche intégrative favorisant le développement personnel du pratiquant, davantage que les seules répercussions - non négligeables certes - physiologiques (aspect sportif).

Le Mushin-Ryu s'inspire d'une philosophie humaniste qui cherche tout autant le développement culturel, intellectuel, psychique ("shin" signifie "esprit") que social de l'individu.  La notion de Budo (voie d'accomplissement de soi par le travail martial) prend de fait un sens puissant ; la seule pratique physique améliore le corps, le "mental" aussi (selon que l'on recherche la compétition ou un mieux-être personnel) certes, mais la pratique sans réflexivité ne peut en aucun aider à améliorer sa personnalité. 

les 38 Katas de l'école Mushin-Ryu

Inscrit dans une démarche de reconnaissance internationale (par son affiliation au Japon et la reconnaissance qui lui est attribuée) le Mushin-Ryu Goshin-Jutsu Karate-Do a intégré et validé un capital technique riche, dense, varié et (pour ce qui concerne certains Katas) de haut niveau symbolique. 

 

Puisant dans les références des styles Naha-Te et Shuri-Te principalement - tout comme en le Tomari-Te - le Mushin-Ryu Karate-Do possède son propre référentiel de Katas. Ceux-ci, au nombre de 38 (hors les Katas dits "additionnels"), jalonnent la progression du pratiquant au fur et à mesure que s'améliorent : compétence technique, connaissance du fond (capitaux historique et symbolique), capacité de transmettre (pédagogie) et aptitude à "lire" au-delà du signe externe, au-delà du geste. 

 

Ainsi, si les Katas heian sont dits "de base", pour connaitre le niveau de connaissance profond qu'en possède le pratiquant il convient non pas de lui en demander l'exécution technique mais qu'il en fasse une démonstration pédagogique. 

Heian Shodan

Heian Nidan

Heian Sandan

Heian Yondan

Heian Godan

 

Tekki Shodan

Tekki Nidan

Tekki Sandan

 

Bassaï-Daï

Bassaï-Sho

Chinte

Kanku-Daï

Kanku-Sho

Enpi 

 

Ten-no-Kata

 

Kihon Kata Uke-Waza

Kihon Kata Tsuki-Waza 

Kihon Kata Keri-Waza

Taï Sabaki no Kata

 

Gangaku

Gangaku-Sho (Tomari-no-Chinto)

Gojushiho-Sho

Gojushiho-Daï

Hangetsu

 

Jion

Jiin

Jitte

 

Meikyo

Nijushiho

 

Rohaï

Saifa

Sanchin

Seienchin 

Seipaï

Seiryu

Sochin

Unsu

Wankan

 


Le Kata, art de la transmission de l'art par la répétition du geste codifié. 

 

Au-delà de la chorégraphie martiale, ce que le pratiquant y découvre c'est l'aptitude à lire, décoder, interpréter ce que contient la forme gestuelle. 

Photos de Tsutomu Oshima ; seconde édition de l'ouvrage Karate-Do Kyohan de Gichin Funakoshi

Goshin-Jutsu

Le Mushin-Ryu implique l'étude du Goshin-Ju-Jutsu (ensemble de techniques martiales de défense) :

  • techniques de projection (sans soulèvement du corps de l'adversaire ; ce qui le distingue du Judo sportif) par mise en déséquilibre de l'opposant
  • techniques et stratégies d'esquive 
  • techniques de contrôle articulaire (kansetsu-waza)
  • techniques d'armes blanches : Kobu-Jutsu (armes anciennes : Bo, Jo, Bokken, Tanto…)
  • techniques d'apaisement psychique : méditation, travail sur soi 

Progression en Mushin-ryu goshin-jutsu karate-do

La progression en Mushi-Ryu, évaluée selon les "Kyu" (avant la ceinture noire) puis les "Dan" (les grades de la ceinture noire), n'est pas comparable à celle développée par les fédérations sportives.

 

Procédant d'une précaution respectueuse de l'intégrité de la personne (physique, mentale, sociale) chaque évaluation de grade, à partir des "Dan", porte sur les trois éléments : Shin-Gi-Taï. 

 

Shin : pour ce qui est relatif aux qualités "mentales" du pratiquant, son attitude sociale, sa morale.

 

Gi : pour ce qui se réfère au travail technique, de la découverte à l'approfondissement, jusqu'à la "maitrise".

 

Taï : pour ce qui concerne le corps, le geste à partir du travail physique, sans pour autant mettre en risque sa santé. 

 

Il n'est ainsi pas demandé/attendu de compiler de manière mécanique un listing de Kata et de techniques mais aussi - et surtout - d'être apte à en développer le sens profond (le sens caché) et à transmettre l'art dans son ensemble, faisant de celui qui suit (l'élève) un maillon nouveau d'une chaine humaine recherchant à perfectionner le caractère.

 

Ainsi, le travail du Kata nécessite t-il en Mushin-Ryu d'un travail de fond, intellectuel et technique sur l'approche symbolique du geste. Développer le bunkaï (décortiquer, interpréter, comprendre et appliquer) en Mushin-Ryu c'est faire à partir de soi l'expérience de l'interprétation et non pas (seulement) répéter les propositions officielles (souvent proposées comme uniques) de compréhension et application. Le Kata est une forme vivante qui a sa propre logique d'évolution ; le répéter de manière figée conduit à la sclérose intellectuelle du pratiquant, ceci engendrant de fait une (auto)limitation de la progression profonde (étape "Li"). 

 

Toute évaluation de niveau (à partir de la ceinture noire) porte sur une connaissance globale de l'art martial : technique certes mais aussi historique et philosophique. Si les 1er et 2ème Dan sont très "techniques", à partir du 3ème Dan le candidat doit avoir intégré les bases globales (techniques, historiques, sociologiques et philosophiques). Les 4ème et 5ème Dan restent des grades d'évaluation de l'habileté technique, développant les stratégies multiples du combat, à la fois en relation d'adversité avec un ou plusieurs opposant, mais aussi vis à vis de soi-même dans une progression interne visant à l'amélioration de la personnalité. 

 

Le 6ème Dan en Mushin-Ryu n'est accessible qu'au pratiquant ayant travaillé sur lui-même, au-delà de la pratique martiale, dans un engagement éducatif/pédagogique (transmission aux autres), social et culturel. L'évaluation au Rokkudan (6ème Dan) se fait sur une année, en rapport avec 2 tuteurs auxquels le candidat démontre et témoigne son art (pour ce qui porte sur la technique, l'histoire et la philosophie) : participation au séminaire, démonstration pédagogique et présentation d'un travail personnel consistant à démontrer que l'intégration des fondamentaux a été accomplie aux fins de pouvoir inscrire la suite du parcours dans une démarche de transmission et de partages.